28 jui. 2009

LE FAIT RELIGIEUX

Depuis la rentrée 1997 (B.O. spécial n°11 du 15 juin 1995), l’étude du fait religieux est insérée dans le programme d’histoire du baccalauréat professionnel, en classe de première, dans sa troisième partie intitulée L’évolution des pratiques socio-culturelles. Cette étude est à mettre en parallèle avec le programme de première générale L, S, ES qui prévoit un chapitre à la religion, aux cultures et aux arts.
Seules les bornes chronologiques diffèrent : en série générale, du milieu du XIXème siècle à 1939, en série professionnelle de 1850 à nos jours.
L’enseignement du fait religieux à l’école publique continue de susciter des polémiques, parfois passionnelles, nourries notamment par l’actualité : attentats du 11 septembre 2001 et discours religieusement connoté du président Bush aux Etats-Unis, intensification du conflit israélo-palestinien, création en France du Conseil du culte musulman et relance du débat sur le port du voile islamique à l’école…

ÉTUDIER LE FAIT RELIGIEUX

 

EN 1ère BAC PRO

Par Charles Fleury

Contexte

Depuis la rentrée 1997 (B.O. spécial n°11 du 15 juin 1995), l’étude du fait religieux est insérée dans le programme d’histoire du baccalauréat professionnel, en classe de première, dans sa troisième partie intitulée L’évolution des pratiques socio-culturelles. Cette étude est à mettre en parallèle avec le programme de première générale L, S, ES qui prévoit un chapitre à la religion, aux cultures et aux arts.

Seules les bornes chronologiques diffèrent : en série générale, du milieu du XIXème siècle à 1939, en série professionnelle de 1850 à nos jours.

L’enseignement du fait religieux à l’école publique continue de susciter des polémiques, parfois passionnelles, nourries notamment par l’actualité : attentats du 11 septembre 2001 et discours religieusement connoté du président Bush aux Etats-Unis, intensification du conflit israélo-palestinien, création en France du Conseil du culte musulman et relance du débat sur le port du voile islamique à l’école…

Si Alain BAUER, ancien Grand-Maître du Grand Orient de France écrit dans la nouvelle publication “ le Monde des religions ” : “ la laïcité n’a jamais été une excuse à l’ignorance et la prise en compte du fait religieux, dans sa dimension historique ou philosophique ne devrait poser de problème à personne dès lors qu’il s’agit d’une présentation véritablement laïque, distanciée et critique ”, Jean-François COLOSIMO, professeur de théologie orthodoxe, continue à affirmer : “ la lutte contre le religieux est inscrite dans le cerveau reptilien du système scolaire ”, in Marianne du 14 juillet 2003).

Le rapport commandé par Jack LANG à Régis DEBRAY et dont les conclusions ont été reprises par l’actuel ministre, Luc FERRY, est lui-même sujet à discussion. Régis DEBRAY se défend pourtant de “ proposer d’enseigner la religion ” et entend distinguer “ l’approche objectivante de l’approche confessante ”. Un colloque a été organisé à la suite d’une recommandation de ce rapport par la Direction de l’Enseignement scolaire en novembre 2002 en direction des professeurs formateurs de l’Education nationale.

Dans ce contexte, les orientations formulées dans le dossier d’accompagnement du programme de bac professionnel de 1996 doivent rester à l’esprit de tous les enseignants : “ L’étude du fait religieux depuis 1850 s’inscrit dans le cadre de l’histoire des sociétés et de leurs pratiques socio-culturelles. Cette partie du programme est abordée sous l’angle de l’éducation à la citoyenneté et à la tolérance. ”

Cela implique aussi que, plus que dans toute autre partie du programme, le professeur doit être à l’écoute de ses élèves (le rapport à la religion est très différent d’une classe à l’autre) et se souvenir que chaque mot est (mal) interprétable. Il faut s’en tenir à des faits.

 

Présentation

La séquence s’appuie sur une problématique intégrant des alternatives et des questionnements multiples :

1 Comment les trois religions monothéistes, entre quête d’absolu et diversité, entre particularisme et intégration dans la société ont-elles évolué de 1850 à nos jours ?

 

2 Comment, à l’échelle nationale, ont-elles évolué dans leurs pratiques au sein de la société française ?

 

L’exemple de notre pays est d’autant plus intéressant à étudier qu’y coexistent une communauté catholique qualifiée de “ fille aînée de l’Eglise ”, une des minorités protestantes les plus dynamiques, les plus importantes communautés juives et musulmanes d’Europe (hors Russie) et la plus ancienne tradition continentale d’anticléricalisme.

Cette cohabitation depuis 1850 a été le théâtre d’affrontements parfois violents mais a fini par s’intégrer dans une république dont l’un des fondements majeurs est la laïcité. Laquelle doit permettre le lien avec la séquence suivante sur le thème de l’école et sa relation avec la société française depuis 1850.

 

Les élèves ne découvrent pas le fait religieux. En sixième et en cinquième, ils ont étudié la naissance des “ trois religions du Livre ” et chacun d’entre eux a, bien entendu, un rapport personnel à la religion. Certains ont même suivi une éducation religieuse particulière.

Cependant, nombre d’entre eux a une connaissance très approximative voire inexistante des religions (y compris celles auxquelles ils disent adhérer). L’ignorance étant souvent la base des préjugés voire des incompréhensions pouvant aller jusqu’à la haine, l’objectif de la séquence est d’apporter un minimum de connaissances, d’esprit d’ouverture, de critique et de doute nécessaires au comportement citoyen et tolérant.

 

Je propose que la séquence se réalise en fin d’année, période souvent favorable aux débats, en six heures (conformément aux orientations ministérielles) après la dernière séquence de géographie consacrée aux citoyens et à leur territoire (ce qui permet de grouper un ensemble de séquences interdisciplinaires histoire-géographie-ECJS s’intégrant dans l’éducation à la citoyenneté.

 
 
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