4 déc. 2008

Modalité de mise en oeuvre du CCF en français

L’évaluation pour l’obtention du CAP est définie par le BO n°29 du 17 juillet 2003. Les passages entre guillemets font référence au texte officiel.

Ce document se donne pour objectif :
- de présenter le cadre réglementaire du CCF ou de l’épreuve ponctuelle
- d’aider les enseignants qui entrent dans le métier ou prennent, pour la première fois, en charge une classe de CAP
- de proposer un cadre académique garantissant l’équité pour tous les candidats

LA CERTIFICATION EN FRANÇAIS AU CAP

 Par Sandrine Philippe – IEN Lettres – académie de Créteil


LA CERTIFICATION EN FRANÇAIS AU CAP
 



L’évaluation pour l’obtention du CAP est définie par le BO n°29 du 17 juillet 2003. Les passages entre guillemets font référence au texte officiel.

Ce document se donne pour objectif

-  de présenter le cadre réglementaire du CCF ou de l’épreuve ponctuelle

-  d’aider les enseignants qui entrent dans le métier ou prennent, pour la première fois, en charge une classe de CAP

-  de proposer un cadre académique garantissant l’équité pour tous les candidats

Les candidats au CAP qui sont inscrits en formation dans un établissement d’enseignement public, dans un établissement d’enseignement privé sous contrat, dans un GRETA ou dans un CFA ayant reçu l’habilitation passent la certification en Contrôle en Cours de Formation (CCF).

Les autres candidats (inscrits en formation dans des établissements ou des organismes non habilités, les candidats libres) sont évalués dans le cadre d’une épreuve ponctuelle, au terme du cycle de formation.



LA CERTIFICATION PAR CONTRÔLE EN COURS DE FORMATION


La certification de l’Unité Générale (UG1) intègre deux situations en français et deux situations en histoire et géographie. C’est la moyenne de ces quatre situations qui constitue la note proposée au jury de certification.
Le texte réglementaire indique que " l’évaluation se déroule dans la deuxième moitié de la formation. Toutefois, lorsque le cycle de formation est de deux ans, il peut être envisageable de proposer une situation d’évaluation en fin de première année " ; ceci pour ne pas transformer la seconde année en année d’évaluation permanente.

Les deux situations d’évaluation s’inscrivent dans le cadre de la classe et de la séquence d’enseignement et portent sur une des quatre finalités définies par le programme et une des problématiques qui s’y rapportent.


La 1ère situation d’évaluation, de nature formative, se décompose en trois étapes d’environ 40 minutes chacune.

La 1ère étape (40 minutes) propose au candidat de rédiger " à partir d’un texte fictionnel une production qui soit fait intervenir un changement de point de vue, soit donne une suite au texte, soit en change la forme (mise en dialogue à partir d’un récit, portrait d’un personnage à partir de vignettes de bande dessinée, etc.) "

Le texte fictionnel servant de support à la production écrite est donc connu des élèves et a été travaillé précédemment dans le cadre de la séquence.

La consigne d’écriture est simple et explicite, les critères de réussite sont connus des candidats, le mieux étant de les leur faire construire avant la première étape, par exemple en leur demandant de lister les critères de réussite tant du point de vue de la forme que du contenu.

A l’issue du premier jet, l’enseignant évalue les productions en fonction des critères qui ont été retenus. Si les critères linguistiques ne sont pas à négliger, il importe avant tout que la production ait un sens et qu’elle réponde aux objectifs de la consigne.

L’expérience des sessions antérieures et l’analyse menée par l’Inspection Générale des Lettres tendent à prouver que la rédaction d’une lettre n’est pas une consigne facilitant la production ni la réécriture dans la mesure où elle implique un fort investissement émotionnel du candidat et réduit d’autant sa capacité à revenir sur sa production. Il semble donc souhaitable de proposer d’autres consignes d’écriture pour cette première situation.


La 2ème étape (40 minutes) conduit à un travail de réécriture et non à une simple correction des erreurs syntaxiques et orthographiques. " Le candidat reprend sa production initiale à partir de nouvelles consignes (par exemple les questions posées par l’enseignant) ou d’une grille de correction, ou à l’aide d’un nouveau support textuel (par exemple l’introduction d’un nouveau texte qui facilitera le processus rédactionnel) ou d’un didacticiel d’écriture (ou des listes de mots permettant l’enrichissement du lexique, des tableaux de conjugaisons…) cette étape est individuelle ou collective. "

S’agissant d’une évaluation formative, c’est bien le processus d’amélioration qui doit être évalué et non seulement la production finale. C’est pourquoi les annotations portées sur la copie par l’enseignant ne doivent pas se limiter à pointer les erreurs ou les manques mais bien permettre au candidat d’identifier clairement les points qu’il doit reprendre, améliorer ou développer.
En ce sens, il peut être formateur d’amener l’élève à s’interroger sur sa production en formulant des remarques sous la forme de questions qui visent à placer l’élève en situation de lecteur de sa propre production. Il convient de limiter les consignes de réécriture en ciblant celles qui sont essentielles afin que l’élève puisse améliorer sa production de manière réaliste et précisément évaluable.

L’étape de réécriture ne doit pas faire l’objet d’une séance intermédiaire visant à revoir des règles d’orthographe ou de grammaire ou à étudier un autre texte. Si l’enseignant nécessite le besoin d’introduire de nouveaux documents, ceux-ci doivent uniquement constitués des aides ou des déclencheurs au processus de réécriture.

A l’issue de cette étape, l’enseignant procède à l’évaluation de la réécriture et prend en compte l’amélioration apportée par le candidat. C’est donc bien cette deuxième étape qui doit compter pour le plus de points dans l’attribution de la note proposée au jury


La 3ème étape (40 minutes) constitue un travail de mise au propre. " Le candidat finalise sa production, notamment à l’aide du traitement de texte lorsque cela est possible. "

Aussi est-il utile qu’une initiation préalable ait eu lieu et que l’élève ne découvre pas l’outil informatique le jour de cette troisième étape. Cette dernière étape ne donne pas lieu à de nouvelles améliorations, sauf si l’élève en prend l’initiative lors de la saisie de son texte.


Pendant chacune des trois étapes d’écriture, l’élève travaille seul.

Aucune note ne doit être portée à la connaissance des élèves, seules les appréciations en fonction des critères d’évaluation retenus figurent sur les copies.

La note finale qui est proposée au jury prend en compte l’ensemble des trois étapes mais c’est surtout le processus de réécriture qu’on s’attache à évaluer.

Ainsi, un élève ayant réalisé un " mauvais " premier jet ne doit pas être pénalisé si le processus de réécriture montre une nette amélioration.
Inversement, un élève ayant bien réussi le premier jet et ne prenant pas en compte les consignes proposées pour la réécriture (par exemple, développer un passage, introduire un dialogue, décrire un lieu ou un personnage) ne peut obtenir une excellente note. L’objectif est bien de montrer que l’écriture est une activité qui se construit et se façonne à quelque niveau que ce soit.

Dans un souci d’équité à l’échelle académique, il est possible de répartir les points pour chacune des trois étapes dans la fourchette suivante :

1ère étape : de 6 à 8 points
2ème étape : de 10 à 12 points
3ème étape : de 2 à 3 points

Toutefois, l’idée majeure demeure bien que la note globale rende compte du processus d’écriture.


La 2ème situation d’évaluation, de nature sommative, se déroule sur une durée " d’environ une heure trente ".

" Le candidat répond par écrit, sur un texte fictionnel ou un document iconographique ou sur un texte professionnel, à des questions de vocabulaire et de compréhension, puis rédige, dans une situation de communication définie par un type de discours, un récit, un dialogue, une description, un portrait, une opinion argumentée (quinze à vingt lignes). "

Cette évaluation doit se dérouler le plus tard possible dans la deuxième partie du cycle et ne fait l’objet d’aucune réécriture.
Le document support à l’évaluation n’est pas connu des élèves mais il s’inscrit dans le cadre de la séquence. Il est important que le texte support ne soit pas trop long afin que sa lecture ne constitue pas un obstacle.

Pour de nombreux candidats, cette évaluation constituera l’ultime contact avec l’enseignement du français ; c’est pourquoi il semble important que le questionnement ne vise pas seulement à vérifier l’acquisition de notions du programme mais bien à évaluer les compétences du candidat à construire le sens global d’un texte et à rédiger une production écrite de manière autonome. Pour ce faire, il semble utile de limiter le nombre des questions à quatre maximum. Une liste trop longue reflète le plus souvent une interrogation parcellaire.

La question de vocabulaire n’a pas fonction de mesurer la connaissance de tel terme ou telle expression mais s’inscrit dans la progression du questionnement qui doit guider l’élève dans l’élaboration de son interprétation. Les questions de type QCM sont donc à proscrire puisqu’elles ne permettent en aucune façon de construire du sens.

Il est souhaitable que les genres de supports et les situations d’écriture proposés diffèrent de ceux de la première situation.


PREPARATION DU DOSSIER DE L’ELEVE ET ARCHIVAGE



Il est impératif d’utiliser les grilles d’évaluations qui sont en vigueur dans l’académie.

Un dossier est constitué pour chaque candidat regroupant les deux situations de français et les deux situations d’histoire et de géographie puisqu’il s’agit d’une épreuve commune (IG1).

Sur les grilles, sont mentionnées précisément les références des supports, la consigne d’écriture proposée ainsi que la date de passation.

La note proposée au jury est assortie d’un commentaire qui ne doit rendre compte que de la situation d’évaluation et non porter sur une appréciation générale de l’élève ou sur l’ensemble de la formation.
Dans ce dossier seront également inclus les documents (ou leurs références) proposés pour la réécriture.
Ce dossier doit être archivé au sein de l’établissement pendant une année. Il pourra être demandé en cas de contestation du candidat ou de vérification par le jury final ou par l’IEN lors des inspections.

Seule la fiche de synthèse est à adresser à l’Inspection d’Académie.


L’EPREUVE PONCTUELLE


Elle concerne les candidats libres ou ceux inscrits dans des établissements ou organismes de formation non habilités à pratiquer le Contrôle en Cours de Formation.

Il s’agit d’une épreuve unique qui se déroule sur une durée de deux heures, quelles que soient les spécialités, et qui est définie par le BO n°29 du 17 juillet 2003.

" Le candidat répond par écrit, sur un texte fictionnel, à des questions de vocabulaire et de compréhension. Il rédige ensuite, dans une situation de communication définie par un type de discours :

-  soit un écrit, un dialogue, une description, un portrait, une opinion argumentée (quinze à vingt lignes) ;

-  soit une courte production écrite répondant à une consigne en lien avec l’expérience professionnelle (quinze à vingt lignes). "

Les points sont répartis pour moitié entre deux parties : 10 points pour les compétences de lecture, 10 points pour les compétences d’écriture. Cette note est ensuite additionnée à celle de l’oral d’histoire ou de géographie pour constituer la note de l’épreuve UG1.

 
 
This will be shown to users with no Flash or Javascript.